Rapport Technologia : un constat accablant

F3C CFDT / Communiqué n°61/ Paris le 14/12/09 à 18h00

Restitution Technologia :

confirmation du mal être au travail à France Télécom-Orange

Le 14 décembre 2009, devant les Organisations syndicales et l’Entreprise, le cabinet Technologia a fait une première restitution du questionnaire, rempli par plus de 80 000 salariés. Elle a été complétée par une étude de documents internes.

D'une première analyse, il ressort que le diagnostic établi par Technologia confirme en tout point les analyses antérieures de la CFDT:

Dégradation très forte de la fierté d’appartenir à l’entreprise, du ressenti des conditions de travail, de l’impact du travail sur la santé et de la satisfaction au travail

Une population en forte surcharge de travail avec une faible autonomie, essentiellement sur les métiers en relation avec le client (centre d’appels, vente, techniciens clients), que la CFDT met en lien avec les suppressions massives d’emplois de ces dernières années

Plus de 20 000 salariés sont concernés par des situations de travail qui les exposent à des risques forts ; la quasi-totalité des 14 000 mobilités mise en avant par l’entreprise ont été très mal vécues, parce que mal conduites

Des réorganisations incessantes mais inefficaces, qui empêchent les salariés de répondre aux attentes des clients, et conduisent à d’énormes gâchis de compétences, individuelles et collectives

Un système de management exclusivement basé sur la contrainte, la pression et le contrôle excessif, la mise en compétition des salariés entre eux et l’individualisation systématique, qui ont détruit les collectifs de travail et le soutien entre les salariés

L’analyse des documents et rapports démontre en outre :

 

que la Direction disposait de toutes les alertes, mais n’a pas su (ou voulu) en tenir compte, notamment par sa volonté de brider la coordination et les pouvoirs des CHSCT

 

que le système de gouvernance de l’entreprise a hypertrophié la dimension financière, en sacrifiant toute considération de l’humain

 

que l’organisation « France » était une hyper concentration autoritaire de pouvoirs, exclusivement orientée vers la production de cash par la réduction des coûts, sourde à toute critique, comme la CFDT l’avait déjà dénoncée

 

un système de régulation et de dialogue social en panne, une médecine du travail débordée et peu écoutée, et de graves défaillances dans la prévention des risques psychosociaux

En outre, cette étude fait voler en éclat les deux principaux mythes derrière lesquels l’Entreprise s’abrite depuis des années :

La prétendue incapacité des fonctionnaires à s’adapter aux exigences d’une entreprise commerciale, les contractuels et les jeunes ayant les mêmes ressentis

La prétendue difficulté à s’adapter aux nouvelles technologies de l’internet et du mobile, les métiers les plus exposés aux facteurs de stress étant ceux de la relation client et de la vente, indépendants de la technologie

La masse et la richesse des informations disponibles ainsi que les entretiens à venir avec 1000 salariés, permettront d’analyser finement les situations de travail et le vécu des salariés.

La CFDT déplore que le Président Didier Lombard et le numéro deux, Stéphane Richard, n’aient pas jugé utile de venir partager ce diagnostic avec les représentants des salariés. Cela nous parait de mauvais augure pour la suite, car ne dénotant pas de changement profond de posture sur le dialogue social.

Pour la CFDT, après une première phase consistant à trouver les mesures d’urgence, une deuxième phase d’analyse et de négociation s’ouvre. L’Entreprise devra montrer sa véritable volonté à traiter les véritables causes des risques psychosociaux pour ses salariés. La CFDT prendra toute sa place dans les propositions concrètes de nature à refonder l’Entreprise et son système de gouvernance et de management.

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